Le rôle des services de conseil dans la prise de décision des agriculteurs concernant les nouvelles modalités innovantes de travail
France, Pyrénées Atlantique et Gers

Région
AgriLink a étudié deux régions en France. Le Gers est un département agricole très rural (NUTS3) situé dans le sud-ouest de la France. L’agriculture fournit 12% de l’emploi local, et c’est l’une des régions les plus importantes pour la production végétale du pays. Depuis le début des années 2000, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de près de 20%, tandis que la taille moyenne des exploitations a fortement augmenté pour atteindre 86,5 hectares (bien au-dessus de la moyenne nationale). Les Pyrénées Atlantiques (PA) sont situées au sud du Gers. C’est l’un des 3 départements français (sur 95) avec une forte proportion (16-18%) d’exploitations dont la gestion de l’ensemble des opérations culturales (céréales, oléagineux et protéagineux) est confiée à différents types de prestataires de services agricoles.

Objet de l’étude
L’étude s’est concentrée sur les modalités innovantes de travail liées à l’externalisation des opérations agricoles. L’externalisation de certaines opérations agricoles est une pratique ancienne en France, notamment dans les petites exploitations qui ne disposent pas de l’équipement ou de la main-d’œuvre nécessaires pour des activités telles que la récolte. Cependant, ces dernières années, le type de services externalisés a changé.

Entre 2000 et 2016, le nombre d’exploitations agricoles ayant recours à des services externalisés a plus que doublé avec l’adoption de nouvelles technologies sophistiquées nécessitant des compétences techniques spécifiques (travail du sol de conservation, traitements phytosanitaires avec des technologies informatisées, etc. Cette étude de cas a examiné a) le rôle des systèmes de conseil agricole pour guider les agriculteurs dans l’adoption de ces nouvelles pratiques d’externalisation et b) l’impact plus large de l’externalisation sur le paysage du conseil.
Le rapport complet (en anglais) se trouve ici
Contact du partenaire et de la personne responsable
Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Pierre Labarthe, pierre.labarthe@inrae.fr
Les leçons apprises
- Les décisions des agriculteurs de recourir à ces nouvelles formes d’organisation du travail correspondent à quatre grands types de besoins : (i) externalisation des activités dans le cadre d’une refonte du système de production, (ii) externalisation des activités culturales pour rationaliser les investissements en machines et se concentrer sur l’activité principale, (iii) externalisation » de A à Z » pour des raisons patrimoniales, pour garder la maîtrise du foncier, et (iv) externalisation en raison des difficultés à trouver et gérer un personnel fiable. Ils s’adaptent ensuite en fonction de leur environnement géographique (par exemple, les entrepreneurs disponibles) et organisationnel (par exemple, leurs réseaux d’autres agriculteurs, les différentes sources de conseils), afin de trouver les meilleurs conseils possibles pour mettre en œuvre ces stratégies
- Il existe une demande croissante de conseils liés à la gestion du travail agricole, mais peu de conseillers peuvent fournir de tels conseils. Il s’agit d’un nouveau marché du conseil qui est appelé à se développer dans la mesure où la performance globale de l’exploitation dépend non seulement des compétences techniques mais aussi des compétences managériales. Certains acteurs traditionnels, tels que les coopératives et les cabinets comptables, cherchent à développer ces compétences grâce à la relation à long terme qu’ils ont établie avec les agriculteurs à d’autres fins.