Le rôle des services de conseil dans la prise de décision des agriculteurs pour l’innovation dans les systèmes de culture améliorant le sol

Italie, Piacenza

Région

La province de Piacenza est une région rurale située dans le nord-ouest de l’Italie, avec un paysage diversifié de plaines, de collines et de zones montagneuses. La principale culture est le raisin pour le vin (viticulture), et l’exploitation moyenne est de 18 hectares. Les « Colli Piacentini » sont une zone viticole de la province de Piacenza. Elle comprend environ 90 exploitations viticoles. Quatre d’entre elles sont des caves coopératives à grande échelle. Les autres sont des vignobles et des caves familiales de petite ou moyenne taille. Le système de conseil agricole de la région est composé des universités de Milan et de Piacenza, de services de conseil privés, de syndicats d’agriculteurs (associations) et de quelques entreprises privées (fournisseurs de machines et d’intrants).

Carte de la région

Objet de l’étude

La viticulture est l’un des secteurs les plus importants de l’économie italienne, mais le système de conseil associé est confronté à certains défis. Cette étude de cas s’est concentrée sur l’utilisation de la culture de couverture permanente comme alternative innovante à l’utilisation d’herbicides ou au labourage pour le contrôle des mauvaises herbes entre les rangées de vignes. Cette culture de couverture entre les rangs a été introduite pour la première fois par les agriculteurs des « Colli Piacentini » au début des années 1990, et ils continuent à l’adopter progressivement.

La lutte traditionnelle contre les mauvaises herbes dans le vignoble est remplacée progressivement, en plusieurs étapes, par différentes cultures de couverture et des combinaisons de travail du sol et de paillage. Outre la suppression des mauvaises herbes, les cultures de couverture réduisent le compactage du sol et l’érosion, améliorent la rétention d’eau, augmentent la matière organique du sol, facilitent l’accès des machines (même en période de pluie), réduisent les ravageurs et les maladies et améliorent la biodiversité.

Plus de 75 % des agriculteurs de la région utilisent désormais des cultures de couverture permanente entre les rangs dans leurs vignobles. L’innovation n’est pas liée à la vente d’intrants ou d’équipements. Les fournisseurs ou autres acteurs commerciaux n’ont pas été à l’origine de son introduction. La grande majorité des agriculteurs ont adopté l’innovation en suivant l’exemple de leurs pairs, tant de la région que d’autres zones viticoles en Italie. Des consultants agronomes privés ont soutenu l’introduction et la diffusion de la pratique. Dans le même temps, les services de conseil publics semblaient n’avoir aucun rôle dans ce processus. L’absence de services publics de conseil et de formation a donné lieu à des plaintes pertinentes de la part des agriculteurs. Cette expérience met en évidence la nécessité d’une assistance pour développer i) des instruments facilitant l’échange de connaissances entre pairs et ii) des services de conseil publics permettant d’accéder à des informations actualisées et fiables sur l’innovation en viticulture.

Le rapport complet (en anglais) se trouve ici


Contact du partenaire et de la personne responsable

VINIDEA SRL

Ekaterina Kleshcheva, ekaterina.kleshcheva@siveonline.it


Les leçons apprises

  1. Les deux principaux déclencheurs de l’adoption de l’innovation dans la région viticole des « Colli Piacentini » sont le changement climatique et le changement de modèle de production et d’entreprise qui a eu lieu dans la région de Piacenza au cours des dernières décennies.
  2. La source d’information la plus importante pour les agriculteurs était les autres viticulteurs (voisins et collègues des régions voisines). Ils ont fait connaître l’innovation et ont engagé plusieurs pionniers. L’université a également joué un rôle important dans la formation des viticulteurs et des conseillers sur l’innovation. Des conseillers privés indépendants ont également apporté leur soutien aux agriculteurs qui avaient accès à des conseils professionnels rémunérés. Parmi les autres sources informelles de conseils, citons les techniciens et les chercheurs de l’université qui ont partagé des informations via des réseaux locaux, etc.
  3. Certains agriculteurs ont participé aux groupes opérationnels de l’EIP-AGRI et à d’autres projets financés par l’UE. Cela a permis de créer une synergie entre les agriculteurs et les chercheurs et de lancer des interactions animées concernant différents types d’innovation.
  4. Le système de conseil agricole de la région est très faible. Il reste très peu de conseillers agricoles publics. Les petites exploitations n’ont donc aucun soutien indépendant puisqu’elles ont peu de possibilités de payer des conseillers privés. Des occasions ont été manquées d’utiliser le financement du développement rural disponible en 2014-2020 pour introduire une approche stratégique du soutien à l’innovation dans la région.